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A la recherche du temps perdu - Marcel Proust

 
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Outremer



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MessagePosté le: Mar Mai 19, 2009 8:25 pm    Sujet du message: A la recherche du temps perdu - Marcel Proust Répondre en citant

Je me suis lancé dans la Recherche voilà déjà plusieurs mois, mais je n'y progresse que très lentement (je n'ai que récemment entamé "Un amour de Swann"). Cette lenteur ne signifie pourtant pas que je n'aime pas ; c'est plutôt que l'oeuvre, par son atmosphère contemplative et ses fameuses phrases à rallonge, m'impose ce rythme.

Je n'ai actuellement lu en entier que la première partie de Du côté de chez Swann, intitulée "Combray". Elle est à peu près dénuée de scénario : le narrateur y décrit sa jeunesse par le biais de sensations (répétées ou uniques) qui ont eu un profond effet sur sa sensibilité, son imagination et sa mémoire.

Le style de Proust est fameux pour ses phrases interminables, qui nécessitent parfois plusieurs lectures pour saisir quel adjectif ou quel verbe va avec quel nom. Mais je me suis immergé avec une facilité surprenante dans cette forme si particulière. Les phrases de Proust ne sont pas lourdes, tout au contraire : par de simples mots, elles transcrivent avec une précision extraordinaire les émotions et les états d'esprit les plus subtils et les plus élaborés. Cette capacité d'expression est peut-être ce que Proust a de plus remarquable.

Il y a beaucoup de très belles descriptions de lieux, qui associent harmonieusement les éléments physiques aux sentiments qu'ils inspirent. Il y a aussi un certain nombre de portraits très hauts en couleurs des personnages qui peuplent ces lieux (à commencer bien sûr par la famille du narrateur). C'est dans certains de ces portraits que s'exprime l'humour de l'auteur.

La mémoire est un thème central de "Combray" (qui trouve une de ses illustrations les plus marquantes dans la fameuse anecdote de la madeleine). "Un amour de Swann" me semble plutôt centré sur les associations de sentiments et les représentations qui engendrent l'amour, mais je n'en suis pas encore assez loin pour pouvoir en parler avec précision.
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krys



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MessagePosté le: Mer Mai 20, 2009 12:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

bonne découverte pour ce cycle étonnant ! je l'ai lu deux fois et je trouve qu'on s'immerge totalement dans l'univers de l'écrivain, fait principalement de sensations, de retours en arrière... excellentes descriptions aussi de l'oeuvre artistique (peinture) et des personnages...
j'ai lu aussi une analyse de ce cycle qui m'a beaucoup marquée "le temps sensible" de Julia Kristeva.
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Turb
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MessagePosté le: Mer Mai 20, 2009 11:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Quatre mois de lecture intensive, 6 volumes de Pléiade, immersion totale, l'année dernière. Aucun regret. C'est un bout de vie, de le lire (il y en a qui le relisent plusieurs fois !). Je m'en souviendrai.

Oui, sur ces dizaines de milliers de pages, je me suis parfois ennuyé (surtout les délires artistiques), mais d'autres sont éblouissantes. Toute la relation avec Albertine, et ce qui suit, est splendide.

Comme Outremer, j'ai été assez surpris pas le style : contrairement à la réputation qu'on lui fait, il est très agréable, très fluide, et finalement pas difficile à lire. C'est peut-être parce que j'ai un mode de lecture très inconscient : je ne décode pas une phrase, je la parcours. Quant à dire que ce style est magnifique, c'est assez évident.

Et, plus étonnant, plus le temps passe, meilleur mon souvenir est.
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En cours de lecture : Le Mythe de Sisyphe, d'Albert Camus
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Elly



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MessagePosté le: Mar Aoû 04, 2009 11:32 am    Sujet du message: Répondre en citant

Comme Turb, j'ai oscillé entre l'éblouissement de moments géniaux, et parfois l'ennui pendant des pages et des pages... mais cela reste une grande œuvre, incontestablement.
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Outremer



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MessagePosté le: Mer Mai 11, 2011 6:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'approche désormais des deux tiers de A l'ombre des jeunes filles en fleur. Je lis ce livre-ci beaucoup plus rapidement que le précédent, peut-être parce que je me suis habitué au style.

J'ai trouvé qu'il y avait un peu plus d'histoire que dans Du côté de chez Swann : la première moitié du livre suit une progression à peu près chronologique de sa relation avec Gilberte et Mme Swann. Mais les thèmes abordés restent similaires. Proust attache une importance particulière aux constructions de l'imagination et à la manière dont elles affectent notre perception de la réalité.

On trouve toujours d'excellents portraits et des moments empreints d'une atmosphère saisissante.
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Lisbeï



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MessagePosté le: Mer Mai 11, 2011 7:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Proust a, à mon avis, un oeil d'entomologiste féroce pour les portraits, et son style est d'une précision véritablement unique. J'avais adoré La Recherche la 1ère fois que je l'ai lu. A ma seconde lecture, j'ai calé vers Sodome et Gomorrhe, mais je ne désespère pas de le reprendre... D'autant que j'ai un souvenir ébloui du dernier tome, Le temps retrouvé.
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Outremer



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MessagePosté le: Mer Mai 11, 2011 7:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Lisbeï a écrit:
Proust a, à mon avis, un oeil d'entomologiste féroce pour les portraits

Tout à fait ! Même si ce n'est pas ce pour quoi il est le plus connu, son oeuvre inclut beaucoup de portraits satiriques très incisifs visant la bourgeoisie et la noblesse.
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carole



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MessagePosté le: Jeu Mai 12, 2011 12:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai lu tous les ouvrages composant "A la recherche du temps perdu" et j'ai énormément aimé.
Suite à ces lectures, Proust est devenu mon auteur préféré !
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Ptyx



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Messages: 68

MessagePosté le: Lun Mai 23, 2011 9:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai lu la Recherche il y a quelques années. Tous les passages ne sont pas passionnants bien sûr, mais ça n'empêche pas que ça soit génial.
Il y a un avant et un après la lecture de la Recherche. J'ai l'impression d'être beaucoup plus sensible aux détails du monde qui m'entourent depuis (que cela concerne les paysages, la psychologie des gens ou bien mon propre ressenti). Plus qu'une oeuvre, c'est une expérience: on en ressort l'esprit et le coeur affinés. *Smile*

Si on m'obligeait à élire mon "tome" préféré, je choisirais sans doute A l'Ombre des Jeunes Filles en Fleurs. Mais bon, Albertine Disparue, le Temps Retrouvée, et cette immense première partie de Du Côté de Chez Swann, ce sont quand même de grands moments.
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aurele



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MessagePosté le: Sam Jan 28, 2012 5:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai entamé Du côté de chez Swann en août me semble-t-il et la deuxième partie de Combray fin septembre et je viens seulement de la finir avant-hier à cause de mes lectures prioritaires pour les cours et d'autres lectures en parallèle. Il me reste évidemment à lire Un amour de Swann et Nom de pays : le nom pour finir ce premier volume mais je dois dire que je suis tombé dans la marmite Proust. Il va se placer au niveau de mes écrivains préférés français voire sans doute toute nationalité confondue. J'ai pris des notes sur mes passages préférés de Combray. L'écriture de Proust est d'une beauté suprême, d'une sensibilité incroyable. La peinture du souvenir est magistrale avec une intervention de tous les sens qui ont un impact sur le lecteur qui doit lui aussi essayer de faire appel à tous ses sens pour saisir la matière du souvenir proustien. Le paysage proustien est merveilleux, j'adore ses descriptions pleine de couleurs, de textures, valables pour d'autres éléments que les paysages (exemple des asperges d'un repas préparé par Françoise). Les descriptions proustiennes sont pleines de finesses, de nuances, notamment en terme de couleur. La description des églises que ce soit celle de Combray ou des clochers de Martinville, la description de Tansonville et du cours de la Vivonne me marqueront longtemps et ce sera un plaisir de les relire. Le rapport à la lecture est un autre aspect important développé dans cette première partie du roman et évidemment cela m'a intéressé. Il y a la figure de la grand-mère et celle de Bergotte qui sont capitales dans ce rapport pour le narrateur à la lecture débouchant sur une envie d'écrire lui-même. Il y a beaucoup de tendresse également dans l'évocation de certains personnages comme la grand-mère, la tante Leonie et la mère, trois femmes dont le narrateur est très proche. Le narrateur et les personnages sont attachants, notamment là encore Leonie, Françoise et la grand-mère. L'évocation des promenades du narrateur m'ont beaucoup plus avec là encore une grande richesse de détails, de nuances dans les descriptions. Les relations des personnages dans la société sont un autre aspect important qui sera présent je pense dans toute la Recherche et cela va être encore plus important dans la suite de ce roman avec la société des Verdurin, Swann qui va prendre de l'importance car je connais des extraits dont le début de Un amour de Swann vu en hypokhâgne. Le portrait de Madame de Guermantes est magistral, sublime. Proust, c'est tout simplement génial, cela se lit lentement et avec délectation, il y a un grand plaisir du texte, de l'écriture dont il faut goûter chaque mot, chaque phrase selon moi.
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Lisbeï



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MessagePosté le: Sam Jan 28, 2012 8:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bienvenue au club des fans, Aurèle ;-D !
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aurele



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MessagePosté le: Sam Jan 28, 2012 8:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Lisbeï a écrit:
Bienvenue au club des fans, Aurèle ;-D !


As tu réussi lors de ta deuxième lecture à aller au-delà de Sodome et Gommorhe finalement?
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Hoël
Pygmalion


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MessagePosté le: Sam Jan 28, 2012 10:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

aurele a écrit:
J'ai entamé Du côté de chez Swann en août me semble-t-il et la deuxième partie de Combray fin septembre et je viens seulement de la finir avant-hier à cause de mes lectures prioritaires pour les cours et d'autres lectures en parallèle. Il me reste évidemment à lire Un amour de Swann et Nom de pays : le nom pour finir ce premier volume mais je dois dire que je suis tombé dans la marmite Proust. Il va se placer au niveau de mes écrivains préférés français voire sans doute toute nationalité confondue. J'ai pris des notes sur mes passages préférés de Combray. L'écriture de Proust est d'une beauté suprême, d'une sensibilité incroyable. La peinture du souvenir est magistrale avec une intervention de tous les sens qui ont un impact sur le lecteur qui doit lui aussi essayer de faire appel à tous ses sens pour saisir la matière du souvenir proustien. Le paysage proustien est merveilleux, j'adore ses descriptions pleine de couleurs, de textures, valables pour d'autres éléments que les paysages (exemple des asperges d'un repas préparé par Françoise). Les descriptions proustiennes sont pleines de finesses, de nuances, notamment en terme de couleur. La description des églises que ce soit celle de Combray ou des clochers de Martinville, la description de Tansonville et du cours de la Vivonne me marqueront longtemps et ce sera un plaisir de les relire. Le rapport à la lecture est un autre aspect important développé dans cette première partie du roman et évidemment cela m'a intéressé. Il y a la figure de la grand-mère et celle de Bergotte qui sont capitales dans ce rapport pour le narrateur à la lecture débouchant sur une envie d'écrire lui-même. Il y a beaucoup de tendresse également dans l'évocation de certains personnages comme la grand-mère, la tante Leonie et la mère, trois femmes dont le narrateur est très proche. Le narrateur et les personnages sont attachants, notamment là encore Leonie, Françoise et la grand-mère. L'évocation des promenades du narrateur m'ont beaucoup plus avec là encore une grande richesse de détails, de nuances dans les descriptions. Les relations des personnages dans la société sont un autre aspect important qui sera présent je pense dans toute la Recherche et cela va être encore plus important dans la suite de ce roman avec la société des Verdurin, Swann qui va prendre de l'importance car je connais des extraits dont le début de Un amour de Swann vu en hypokhâgne. Le portrait de Madame de Guermantes est magistral, sublime. Proust, c'est tout simplement génial, cela se lit lentement et avec délectation, il y a un grand plaisir du texte, de l'écriture dont il faut goûter chaque mot, chaque phrase selon moi.


Beaucoup de finesse dans le ressenti , on peut ajouter que le brave Marcel a un don de peintre par les mots , c'est un des rares écrivains qui évoquent véritablement les autres arts (la musique est particulièrement amplifiée par la descriptions des sensations qu'elle procure) .

Malgré tout , le côté de Guermantes m'a ennuyé à mourir . La futilité , ça va bien un moment !
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Lisbeï



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MessagePosté le: Dim Jan 29, 2012 8:45 am    Sujet du message: Répondre en citant

aurele a écrit:
Lisbeï a écrit:
Bienvenue au club des fans, Aurèle ;-D !


As tu réussi lors de ta deuxième lecture à aller au-delà de Sodome et Gommorhe finalement?

Non, j'ai trop de choses à lire, et je ne trouve pas le temps *Razz* . Mais je replongerai dans la Recherche, c'est sûr. Quand je ne serai + chroniqueuse, pitêt *Mr. Green* .
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caroliver



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MessagePosté le: Lun Mar 12, 2012 9:32 am    Sujet du message: Répondre en citant

Tous ces commentaires m'encouragent à franchir le cap et à me plonger dans Proust !
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aurele



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MessagePosté le: Lun Aoû 06, 2012 3:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai fini il y a deux jours "Un amour de Swann", partie centrale de Du côté de chez Swann. Le clan des Verdurin est vraiment détestable mais permet d'introduire de nouveaux personnages assez intéressants dont Madame Verdurin évidemment. La relation de Swann avec Odette de Crécy, femme aux moeurs légères, cocotte, cruche est au centre de cette partie. Proust dépeind à merveille le sentiment amoureux et les affres de la jalousie. Le personnage de Swann, très cultivé permet d'introduire un rapport important à l'art, chose évidemment délectable. Swann est un personnage qui agace et touche en même temps. Lui-même ne comprend pas avec le recul ce qu'il a trouvé à Odette et le mal qu'il s'est infligé à cause de cet amour.
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aurele



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MessagePosté le: Lun Aoû 27, 2012 11:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai terminé récemment Du côté de chez Swann. La 3e partie est la plus courte comme ceux qui connaissent un peu Proust doivent le savoir. Je pense qu'elle est capitale pour la suite car toute la relation entre le narrateur et Gilberte s'instaure. On croise évidemment à nouveau le père de celle-ci et Odette. Le point de vue du narrateur sur Odette lors de ses promenades est intéressant et la description du Bois de Boulogne est très belle. J'ai aimé également la manière dont le narrateur parle des villes en détaillant ce que lui évoque les noms, notamment dans leur matérialité. Je compte faire une pause avant de m'attaquer à la suite.
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Laria



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2012 6:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Vous me donneriez presque envie de me lancer. *Razz*
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krys



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MessagePosté le: Dim Sep 02, 2012 12:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je t'y encourage !
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Outremer



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MessagePosté le: Lun Mai 13, 2013 8:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis en plein dans Le côté de Guermantes, ayant récemment terminé le premier tome. J'aime toujours beaucoup !

J'ai remarqué avec intérêt dans le premier tome un grand nombre de références à l'Affaire Dreyfus, ce qui ancre l'histoire dans un contexte historique précis. J'ai également trouvé intéressantes les mentions que fait Proust de technologies qui étaient à l'époque très récentes, comme le téléphone ou l'ascenseur.

Le deuxième tome me paraît avoir un caractère assez différent du premier. Le narrateur semble avoir nettement évolué : il n'a pas perdu son caractère rêveur, mais il a un point de vue beaucoup plus sceptique, presque cynique sur ses propres sentiments, et il fait preuve d'un certain égoïsme jouisseur.

Premier ou deuxième tome, j'ai toujours autant de mal à déterminer l'âge du narrateur. Il y a eu des passages du premier tome où je me disais qu'il n'avait encore guère que 16 ans et d'autres où il me paraissait clair qu'il en avait 20 passés.
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Jan Gabriel



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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2013 5:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Outremer a écrit:
Je suis en plein dans Le côté de Guermantes, ayant récemment terminé le premier tome. J'aime toujours beaucoup !


Quid d'A l'ombre des jeunes filles en fleurs ?

D'ailleurs, ce tome figure parmi mes lectures actuelles, je reste réservé sur le premier, mais La Recherche dans l'ensemble, promet toujours beaucoup. On verra.
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Outremer



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MessagePosté le: Mer Juin 19, 2013 9:16 am    Sujet du message: Répondre en citant

La première moitié du Côté de Guermantes ressemble un peu à A l'ombre des jeunes filles en fleur par son étude de la manière dont l'imagination fait naître l'intérêt et même l'amour pour une autre personne.

La deuxième moitié (dont je suis en train de lire les dernières pages) est assez nettement différente, beaucoup plus centrée sur la vie mondaine. Le narrateur (qui n'est plus amoureux) y joue un rôle plus passif, presque de spectateur. Le portrait qui est tracé des grands salons de l'époque, de ceux qui les tiennent et de ceux qui y vont, ne manque pas de sel.

J'ai trouvé intéressantes les observations sur le regard que la société de l'époque porte sur les Juifs, ainsi que les références - essentiellement indirectes - à l'homosexualité (Proust étant homosexuel et ayant des origines juives).

Ce qui m'attriste un peu, c'est de me dire que j'en suis désormais à peu près à la moitié de la Recherche et que je commence à me rapprocher d'un avenir où j'aurai tout lu. Pour me consoler, je me dis que je pourrai alors relire l'oeuvre tout entière, et que j'y découvrirai certainement des choses que je n'avais pas saisies la première fois.
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Outremer



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MessagePosté le: Dim Fév 02, 2014 9:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'y ai passé un temps déraisonnable, mais j'ai finalement terminé Sodome et Gomorrhe, le quatrième tome de la Recherche.

Au niveau anecdotique, on y trouve la phrase la plus longue jamais écrite dans un roman. Marcel est bien entendu célèbre pour ce genre de choses, mais pour le coup, il s'est vraiment surpassé :

Spoiler:

Sans honneur que précaire, sans liberté que provisoire, jusqu'à la découverte du crime; sans situation qu'instable, comme pour le poète la veille fêté dans tous les salons, applaudi dans tous les théâtres de Londres, chassé le lendemain de tous les garnis sans pouvoir trouver un oreiller où reposer sa tête, tournant la meule comme Samson et disant comme lui: "Les deux sexes mourront chacun de son côté"; exclus même, hors les jours de grande infortune où le plus grand nombre se rallie autour de la victime, comme les juifs autour de Dreyfus, de la sympathie - parfois de la société - de leurs semblables, auxquels ils donnent le dégoût de voir ce qu'ils sont, dépeint dans un miroir, qui ne les flattant plus, accuse toutes les tares qu'ils n'avaient pas voulu remarquer chez eux-mêmes et qui leur fait comprendre que ce qu'ils appelaient leur amour (et à quoi, en jouant sur le mot, ils avaient, par sens social, annexé tout ce que la poésie, la peinture, la musique, la chevalerie, l'ascétisme, ont pu ajouter à l'amour) découle non d'un idéal de beauté qu'ils ont élu, mais d'une maladie inguérissable; comme les juifs encore (sauf quelques-uns qui ne veulent fréquenter que ceux de leur race, ont toujours à la bouche les mots rituels et les plaisanteries consacrées) se fuyant les uns les autres, recherchant ceux qui leur sont le plus opposés, qui ne veulent pas d'eux, pardonnant leurs rebuffades, s'enivrant de leurs complaisances; mais aussi rassemblés à leurs pareils par l'ostracisme qui les frappe, l'opprobre où ils sont tombés, ayant fini par prendre, par une persécution semblable à celle d'Israël, les caractères physiques et moraux d'une race, parfois beaux, souvent affreux, trouvant (malgré toutes les moqueries dont celui qui, plus mêlé, mieux assimilé à la race adverse, est relativement, en apparence, le moins inverti, accable celui qui l'est demeuré davantage), une détente dans la fréquentation de leurs semblables, et même un appui dans leur existence, si bien que, tout en niant qu'ils soient une race (dont le nom est la plus grande injure), ceux qui parviennent à cacher qu'ils en sont, ils les démasquent volontiers, moins pour leur nuire, ce qu'ils ne détestent pas, que pour s'excuser, et allant chercher comme un médecin l'appendicite l'inversion jusque dans l'histoire, ayant plaisir à rappeler que Socrate était l'un d'eux, comme les Israélites disent de Jésus, sans songer qu'il n'y avait pas d'anormaux quand l'homosexualité était la norme, pas d'anti-chrétiens avant le Christ, que l'opprobre seul fait le crime, parce qu'il n'a laissé subsister que ceux qui étaient réfractaires à toute prédication, à tout exemple, à tout châtiment, en vertu d'une disposition innée tellement spéciale qu'elle répugne plus aux autres hommes (encore qu'elle puisse s'accompagner de hautes qualités morales) que de certains vices qui y contredisent comme le vol, la cruauté, la mauvaise foi, mieux compris, donc plus excusés du commun des hommes; formant une franc-maçonnerie bien plus étendue, plus efficace et moins soupçonnée que celle des loges, car elle repose sur une identité de goûts, de besoins, d'habitudes, de dangers, d'apprentissage, de savoir, de trafic, de glossaire, et dans laquelle les membres mêmes, qui souhaitent de ne pas se connaître, aussitôt se reconnaissent à des signes naturels ou de convention, involontaires ou voulus, qui signalent un de ses semblables au mendiant dans le grand seigneur à qui il ferme la portière de sa voiture, au père dans le fiancé de sa fille, à celui qui avait voulu se guérir, se confesser, qui avait à se défendre, dans le médecin, dans le prêtre, dans l'avocat qu'il est allé trouver; tous obligés à protéger leur secret, mais ayant leur part d'un secret des autres que le reste de l'humanité ne soupçonne pas et qui fait qu'à eux les romans d'aventure les plus invraisemblables semblent vrais, car dans cette vie romanesque, anachronique, l'ambassadeur est ami du forçat: le prince, avec une certaine liberté d'allures que donne l'éducation aristocratique et qu'un petit bourgeois tremblant n'aurait pas en sortant de chez la duchesse, s'en va conférer avec l'apache; partie réprouvée de la collectivité humaine, mais partie importante, soupçonnée là où elle n'est pas, étalée, insolente, impunie là où elle n'est pas devinée; comptant des adhérents partout, dans le peuple, dans l'armée, dans le temple, au bagne, sur le trône; vivant enfin, du moins un grand nombre, dans l'intimité caressante et dangereuse avec les hommes de l'autre race, les provoquant, jouant avec eux à parler de son vice comme s'il n'était pas sien, jeu qui est rendu facile par l'aveuglement ou la fausseté des autres, jeu qui peut se prolonger des années jusqu'au jour du scandale où ces dompteurs sont dévorés; jusque-là obligés de cacher leur vie, de détourner leurs regards d'où ils voudraient se fixer, de les fixer sur ce dont ils voudraient se détourner, de changer le genre de bien des adjectifs dans leur vocabulaire, contrainte sociale, légère auprès de la contrainte intérieure que leur vice, ou ce qu'on nomme improprement ainsi, leur impose non plus à l'égard des autres mais d'eux-mêmes, et de façon qu'à eux-mêmes il ne leur paraisse pas un vice.



Sur le fond, il est intéressant de noter que Proust, qui n'avait évoqué jusque-là l'homosexualité que de façon très indirecte, en parle cette fois-ci tout à fait ouvertement. C'est le sujet principal du début du livre et il continue d'être fréquemment mentionné par la suite.

Comme dans le livre précédent, les relations mondaines continuent de jouer un rôle central. Le cadre différent (le livre se passe essentiellement dans la région de Balbec et non plus à Paris) les transforme cependant dans une certaine mesure. Les portraits de personnages sont toujours aussi incisifs.

Une partie importante du livre est par ailleurs consacré à la relation renouvelée entre le narrateur et Albertine. L'étude que fait Proust du sentiment amoureux est toujours très intéressante.

De manière générale, le livre m'est apparu plus sombre que les précédents. Il y a un certain nombre d'allusions au fait que l'avenir du narrateur s'annonce malheureux. On trouve également une référence au mauvais état de santé de Proust lui-même (qui a écrit ce livre, le précédent et les trois suivants dans les toutes dernières années de sa vie).
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krys



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MessagePosté le: Lun Fév 03, 2014 11:54 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ah, je viens de le finir, et je passe à La prisonnière !
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Lisbeï



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MessagePosté le: Mar Fév 04, 2014 7:09 am    Sujet du message: Répondre en citant

Dire que je n'ai pas fini de le relire ! Il faut que je m'y remette, j'en ai de bons souvenirs, et j'avais énormément aimé les suivants aussi.
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Tybalt



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MessagePosté le: Jeu Fév 06, 2014 8:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

De mon côté je n'ai encore jamais dépassé le premier tome, c'est une honte *Embarassed* Il faut que je me programme ça, mais plutôt pour un été tranquille.

Outremer a écrit:
Au niveau anecdotique, on y trouve la phrase la plus longue jamais écrite dans un roman. Marcel est bien entendu célèbre pour ce genre de choses, mais pour le coup, il s'est vraiment surpassé


Toujours pour l'anecdote, je crois avoir lu encore beaucoup plus long dans les Géorgiques de Claude Simon (dans mon souvenir il y a quelque part une phrase qui court sur une vingtaine de pages, si on peut encore appeler ça une phrase à ce niveau-là plutôt qu'un souffle).
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krys



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MessagePosté le: Dim Fév 09, 2014 1:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pour ce qui est des trèèèès longues phrases sur plusieurs pages, il me semble que Cohen dans "Belle du Seigneur" a fait fort aussi. Mais je n'ai pas compté. Et je me demande aussi pour "Ulysse" de Joyce. Ca mériterait un topic spécial "la phrase la plus longue"...
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