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Le duel des centaures - Bertrand-Pierre Galey

 
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Soleil*
Super Nov-A


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MessagePosté le: Ven Juin 17, 2022 9:05 pm    Sujet du message: Le duel des centaures - Bertrand-Pierre Galey Répondre en citant

1814. Alors qu'il revient de promenade, un élève écuyer récemment entré à la Grande Ecurie de Versailles reçoit l'aide d'un badaud à peine plus âgé que lui pour remettre aux ordres sa jument. Blessé dans sa fierté, le jeune vicomte prend en grippe le fils du marchand de vin. C'est le début d'une longue rivalité entre deux hommes qui vont devenir les meilleurs cavaliers français du XIXe, et dont les partisans respectifs vont s'opposer encore bien longtemps après leur disparation.
Antoine d'Aure est un cavalier naturellement brillant, doué d'un talent inné pour s'adapter aux chevaux qu'il monte. Adepte de l'équitation d'extérieur, plus utile à son sens pour les militaires que le travail académique en manège, l'aristocrate prône l'"équitation large", où les chevaux avancent dans des allures énergiques sans que l'on bride leur impulsion : "Moins on en fait, mieux on fait".
D'origine plus modeste, François Baucher pratique quant à lui une "équitation raisonnée" qu'il va pousser avec la plus extrême finesse. Il décompose les forces du cheval pour s'en rendre maître, tout en recherchant l'équilibre et la légèreté. Se produisant au cirque, il y présente des airs de haute école inconnus jusque-là. Persuadé d'avoir fait bien mieux que les écuyers l'ayant précédé, il partage largement : "si ma méthode donne les moyens de faire vite, elle enseigne aussi à bien faire, puisque tout y est défini, gradué, raisonné".
En ce temps où l'équitation commence à perdre son but uniquement utilitaire pour devenir un loisir élégant, leur querelle fait grand bruit. Tous deux publient livres et brochures pour promouvoir leur méthode et détracter leur adversaire. On en parle encore...

Dans ce livre, Bertrand-Pierre Galey nous propose une version romancée de la rivalité entre d'Aure et Baucher. Equitation instinctive contre équitation savante, les deux cavaliers s'opposaient autant par leurs méthodes que par leurs buts, et la supériorité de l'un ou de l'autre reste non résolue (bien que dans la génération suivante, Alexis L'Hotte, admirateur de l'un comme de l'autre, ait tenté de faire la juste mesure entre leurs enseignements).Pour rendre son roman vivant et intéressant, l'auteur se donne beaucoup de liberté pour imaginer de nombreuses rencontres entre les deux hommes, qui vont ponctuer le récit. Celui-ci reste vraiment centré sur l'aspect équestre, la vie privée des deux hommes étant très peu évoquée : par exemple, l'épouse de Baucher n'est citée qu'une seule fois, tandis que son fils Henri n'est introduit dans le récit qu'une fois assez âgé et expérimenté pour seconder son père dans l'enseignement. A l'inverse, l'affaire Géricault (pur-sang réputé indomptable que Baucher dressa à la haute école en un mois) s'étale sur trois chapitres.

Le contexte historique, financier est là pour que l'on comprenne les choix et orientations des deux hommes. D'Aure est un dandy ambitieux mais un piètre gestionnaire qui frôle la faillite plusieurs fois, sauvé par de puissants protecteurs (tels que lord Seymour ou le prince Louis d'Orléans) ; Baucher, un besogneux qui ne profite d'aucun appui pour l'aider à diffuser sa méthode nouvelle et doit faire des concessions pour vivre (enseignement dans des manèges provinciaux, prestations au cirque...).
L'histoire des deux hommes prend place dans la grande Histoire de la France : tous deux naissent peu après la révolution française et l'abolition de la monarchie, vivent le couronnement de l'empereur Napoléon Ier, la Restauration de Louis XVIII, l'instauration de la IIe République... Pour moi qui ai des connaissances assez nébuleuses sur cette époque troublée, j'avoue que j'ai eu du mal à suivre le contexte politique, qui n'est guère explicité. La chronologie finale, qui met en parallèle les dates marquantes pour la France et pour les deux écuyers (faits attestés seulement, et non les enrichissements du roman), ne m'a guère aidée car un brin succincte.

On trouve également à la fin du livre un glossaire pour aider les lecteurs non familiers des termes de l'équitation académique. Le roman est cependant suffisamment clair pour ne pas troubler un néophyte, il ne rentre pas dans les subtilités équestres.
En quatrième de couverture sont reproduits des portraits des deux écuyers, ce qui est bienvenu pour mieux les visualiser. Il est juste dommage qu'ils ne soient pas également représentés à cheval.

Pour en revenir au roman en lui-même, je l'ai trouvé intéressant en cela qu'il permet de découvrir deux écuyers mondialement réputés autrement que par leur biographie (pas forcément très digeste) ou par leurs écrits (à réserver je pense aux cavaliers souhaitant approfondir leurs connaissances techniques). Le récit brode autour des rares faits étayés, mais c'est justement ce qui en fait une lecture sympathique et sans lourdeur, qui se lit très facilement. Le style est plaisant, et ne souffre que de quelques incohérences dans l'emploi des temps (mélange de passé et de présent pas toujours heureux).

Un bémol : le parti pris assez net penchant vers Baucher. Je m'attendais à un ouvrage impartial, or c'est toujours d'Aure qui a ici le mauvais rôle (colportage de ragots, mauvais coups, carriérisme...), voire même dont les qualités de cavalier sont mises en doute (n'aime pas réellement monter à cheval, choisit des chevaux faciles, n'a jamais dressé qu'un seul cheval...). Les passages exposant son génie naturel peinent à compenser cette mauvaise impression qui imbibe le texte quand on lit entre les lignes. Le récit s'attarde d'ailleurs plus sur un protagoniste que sur l'autre. Quant à elle, la fin en mode Bisounours (ou My Little Pony, pour rester dans le thème) - avec réconciliation des deux ennemis minimisant leurs différents - tranche violemment avec le ton du reste de l'ouvrage, c'est assez bizarre.

Nonobstant ces petits défauts, c'est une lecture à la fois plaisante et intéressante, qui s'adresse aussi bien aux cavaliers qu'aux simples curieux. Une belle découverte !


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